L’actualité

17 février
2012

Concours internet " Bringt Französich ins Spiel" en Allemagne


Concours internet Bringt Französisch ins Spiel !Mettez le français dans votre jeu !  : une nouvelle action de l’Institut français d’Allemagne pour promouvoir le français dans les écoles allemandes.

A l’occasion de la Journée franco-allemande, que l’on célèbre traditionnellement dans toute l’Allemagne autour du 22 janvier, l’Institut français d’Allemagne a organisé cette année dans cinq régions un grand concours internet destiné à tous les apprenants des écoles secondaires, quel que soit le profil de leur école et leur niveau d’apprentissage.

Près de 12 000 élèves participants


Site internet dédié au concours.
Lancée dès 2003 en Rhénanie du Nord-Westphalie par le Bureau linguistique de l’Institut français de Düsseldorf, cette opération a, pour la première fois cette année, été étendue à la Basse-Saxe, la Thuringe, la Sarre et la Hesse.


Ainsi, ce sont 12 000 élèves qui ont répondu aux questions d’un quiz spécialement conçu et mis en ligne pour eux. Trois niveaux de difficulté (quatre en Rhénanie du Nord-Westphalie) leur étaient proposés. La plupart des questions étaient formulées en français et renvoyaient vers des sites francophones. Les élèves ont ainsi pu tester à la fois leur compétence linguistique, leur connaissance de la culture francophone et leur aptitude à travailler en équipe.

(...)
13 février
2012

Les parlements français et allemands veulent ratifier rapidement le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité.


Pour leur troisième rencontre, les députés et représentants des deux gouvernements ont discuté des négociations en cours sur une union économique et fiscale européenne renforcée, le Mécanisme européen de stabilité et la durée de celui-ci, ainsi que de la participation des pays non-membres de la zone euro.

Lors de leur quatrième et dernière rencontre, le 13 février à Paris,
les députés ont conclu leurs discussions sur ces thèmes de convergence fiscale et économique.




Droit de regard des Parlements

Le groupe de travail parlementaire accompagne les négociations du traité européen depuis le mois d’octobre. A ce titre, les députés ont communiqué à chaque gouvernement leurs recommandations : un droit de regard des parlements nationaux et du Parlement européen sur les questions budgétaires.

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, ainis que le président du Bundestag, Norbert Lammert, se sont déclarés confiants quand au fait que "des formes appropriées de coopération interparlementaire doivent être trouvées entre les parlements des États membres et le Parlement européen", et ce "dans le cadre des structures actuelles et sans création d’organes nouveaux".

"La rigueur budgétaire seule n’est pas suffisante"

Bernard Accoyer a souligné qu’une discipline budgétaire stricte n’était pas en soi suffisante pour l’assainissement des finances publiques, mais que la croissance était également indispensable, notamment pour restaurer la confiance des marchés dans la solidité de la zone euro.
Pour Norbert Lammert, il est souhaitable que la ratification du nouveau traité européen et du MESF intervienne avant l’été.

Groupe de travail franco-allemand : conclusions de B. Accoyer - N. Lammert

"Le groupe de travail franco-allemand sur les questions de politique économique et financière en Europe a clairement souligné l’intention du Bundestag et de l’Assemblée nationale de ratifier dans des délais rapides le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité et le traité sur la stabilité après leur signature par les chefs d’État et de gouvernement. L’engagement pris d’ancrer la règle d’or dans les droits nationaux, au niveau constitutionnel ou à un niveau équivalent, est une avancée importante dans la lutte contre la crise économique et financière, tout comme la limitation des déficits structurels et l’accord sur des mesures automatiques de correction en cas d’écarts significatifs par rapport aux objectifs convenus.

Les présidents Bernard Accoyer et Norbert Lammert ont exposé que le succès des accords dépend désormais, de façon déterminante, de leur transposition efficace dans les différents États membres, en tenant compte particulièrement du droit budgétaire des parlements nationaux. Il en est de même pour le Parlement européen dans le cadre des compétences qui lui sont dévolues. De plus, le groupe de travail se félicite que les parlements nationaux soient associés à la gouvernance de l’UEM et à la convergence budgétaire aux termes de l’article 13 du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Des formes appropriées de coopération interparlementaire doivent être trouvées entre les parlements des États membres et le Parlement européen. Cela doit avoir lieu dans le cadre des structures actuelles et sans création d’organes nouveaux.

Le groupe de travail franco-allemand a été mis sur pied en automne de l’année dernière afin d’engager la réflexion, basée sur les expériences de la crise économique et financière, sur les évolutions possibles du système de traités en Europe. Il s’est réuni quatre fois, sous la présidence de Norbert Lammert, président du Bundestag, et de Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale. Le groupe est composé de 14 députés, issus de tous les groupes politiques représentés dans les deux assemblées, ainsi que, pour chaque pays, deux experts désignés par leur gouvernement, ayant une fonction consultative. Dans la mesure où les réformes convenues correspondent dans une large mesure aux attentes des députés, il n’est pas nécessaire, à ce stade, d’envisager de nouvelles réunions. Le groupe de travail encourage les gouvernements français et allemand à approfondir leur coopération bilatérale en matière de stratégie de croissance comme de convergence fiscale".
10 février
2012

La France et l’Allemagne invitent ensemble des personnalités d’avenir du Partenariat oriental de l’Union européenne (5-12 février 2012)


Les ministères français et allemand des affaires étrangères ont reçu, pour la deuxième fois, six personnalités originaires des six pays du Partenariat oriental de l’Union européenne (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, Ukraine). Accueillie la même semaine que le quatorzième Conseil des ministres franco-allemand, cette délégation se compose de parlementaires et de représentants de la société civile.


Partenariat oriental, source : Commission européenne.
Ce programme commun vise à valoriser les acquis de la relation franco-allemande et à renforcer les liens entre les ressortissants de ces pays. Il a ainsi permis de rencontrer en France des parlementaires, des diplomates et des chercheurs.

Cette année, l’invitation a mis l’accent sur le thème de la démocratie et de la bonne gouvernance. Dans ce cadre, la délégation s’est rendue à Strasbourg pour des entretiens à la Cour européenne des droits de l’Homme et au siège d’Arte.

La fin de la semaine de travail se déroule à Berlin, sous l’égide du Ministère des affaires étrangères allemand.


2ème délégation du Partenariat oriental reçue dans le cadre du programme franco-allemand d'invitation des personnalités d'avenir, ©MAEE.
Cette initiative est bien une preuve supplémentaire de l’amitié entre la France et l’Allemagne à la veille du cinquantième anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée.
7 février
2012

Livre vert sur la convergence fiscale franco-allemande

"A l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand, le président de la République, Nicolas Sarkozy, et la Chancelière allemande, Angela Merkel, ont validé le Livre vert sur la convergence franco-allemande en matière de fiscalité des entreprises préparé par les ministres de l’Économie et des Finances, François Baroin et Wolfgang Schäuble.




Cinq thèmes de convergence prioritaires ont été identifiés : le régime de groupe, le traitement fiscal des dividendes et des charges en particulier d’intérêts, les régimes de reports des déficits fiscaux, les règles d’amortissement et le régime des sociétés de personnes.

Sur ces thèmes, le rapport ouvre des options qui doivent à présent être affinées et évaluées.

Ce livre vert est désormais ouvert à la consultation publique.

Les contributions éventuelles doivent être adressées à la Direction de la Législation fiscale du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, 139 rue de Bercy, 75012 Paris."

Lisez le Livre vert.

Source : ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
7 février
2012

Renforcer les moyens de la sécurité et de la défense européennes.



© Ministère de la Défense.
"Adossé au 14e Conseil des Ministres franco-allemand(CMFA) qui s’est déroulé à Paris ce 6 février, s’est également tenu un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFADS). Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants, accompagné par l’Amiral Guillaud, chef d’état-major des armées, y participait. Au cours d’une réunion élargie avec les ministres des affaires étrangères des deux pays, il s’est entretenu avec son homologue allemand, Thomas de Maizière.

Ce Conseil était consacré notamment à l’approfondissement du dialogue stratégique franco-allemand au bénéfice de la défense européenne. Ainsi, la coopération spatiale et les missions de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) après la fin de la présidence polonaise de l’Union européenne (30 juin 2012) ont été abordées.

Autre sujet de travail du Conseil : la préparation du sommet de Chicago des 20 et 21 mai prochains qui réuni les chefs d’Etat des pays membres de l’Otan".

Découvrez la déclaration adoptée , "Renforcer les moyens de la sécurité et de la défense européennes ".
6 février
2012

14ème Conseil des ministres franco-allemand : convergence fiscale et approfondissement de la coopération dans tous les domaines


Le président de la République préside avec la Chancelière Angela Merkel, lundi 6 février 2012 au Palais de l’Élysée, le quatorzième Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) auquel participeront le Premier ministre, M. François Fillon, M. Alain Juppé, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes, M. 
Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, M. François Baroin, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, M. Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Mme Valérie Pécresse, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat, M. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire, M. Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, M. Jean Leonetti, ministre chargé des Affaires européennes, M. Thierry Mariani, ministre chargé des Transports, ainsi que leurs homologues allemands.

Ce 14ème CMFA est consacré à l’approfondissement de la coopération franco-allemande dans tous les domaines dans le cadre de l’« Agenda franco-allemand 2020 » adopté lors du CMFA de février 2010 et notamment la convergence fiscale. Les questions européennes ainsi que les sujets internationaux seront également abordés au cours de ces discussions.

Source : Elysée.
En savoir plus : Source : Elysée.
1er février
2012

Jean Leonetti reçoit Michael Link à Paris (01.02.2012)



Les deux secrétaires des rélations franco allemandes © MAEE, F. de la Mure.
MM. Leonetti et Link , qui sont également Secrétaires généraux pour la Coopération franco-allemande, se sont déjà rencontrés à Berlin, dans le cadre de la Journée franco-allemande, le 24 janvier dernier. Au lendemain de la réunion informelle du Conseil européen, le 30 janvier, qui a été marqué par l’adoption d’accords cruciaux pour l’avenir de l’Europe, le déjeuner de travail entre les deux ministres leur a permis d’aborder en profondeur les problématiques de croissance et d’emploi.

« L’accord trouvé à Bruxelles est parfaitement en cohérence avec la lettre franco-allemande du 9 décembre, et jamais l’Europe n’est allée aussi vite et aussi en profondeur », a souligné Jean Leonetti, pour qui la France et l’Allemagne portent « une vision volontariste » de l’Europe. Dans la perspective du cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée, Michael Link a également rappelé que « le partenariat franco-allemand n’est pas rhétorique, il n’est certainement pas nostalgique, mais bien un choix stratégique pour nos deux pays et pour l’Europe ».

Cette rencontre entre les deux Secrétaires généraux pour la Coopération franco-allemande a également permis de préparer le Conseil des ministres franco-allemand, qui se tiendra le 6 février prochain. Les ministres ont annoncé travailler sur des dossiers concrets, avec deux axes principaux : l’emploi des jeunes et les petites et moyennes entreprises.
1er février
2012

"FranceAllemagne, réalité ou illusion du transfrontalier", table ronde

le 1er février au CIDAL à Paris

Le ministère des Affaires étrangères et européenneset le Centre d’information et de documentation de l’Ambassade d’Allemagne (CIDAL) ont organisé une table ronde consacrée aux questions transfrontalières franco-allemandes.

20 millions d’habitants vivent dans les régions allemandes du Bade-Wurtemberg, de la Rhénanie, de la Sarre, et françaises de l’Alsace et de la Lorraine. Environ 50 000 personnes traversent chaque jour la frontière pour aller travailler dans le pays voisin.

La coopération transfrontalière est donc au cœur de la vie quotidienne de ces régions, tant par l’intégration très forte entre les territoires, que pour l’accès aux services publics dans de nombreux domaines : transports, santé, emploi, enseignement, sport, culture, etc.




En présence du député du Bas-Rhin, Yves Bur, président du groupe d’amitié franco-allemand de l’Assemblée nationale, et de l’ambassadeur français pour les questions transfrontalières, Frédéric Basaguren, le débat a été animé par le journaliste Bertrand Gallicher (France Inter) et a porté sur les relations transfrontalières franco-allemandes.

Les acteurs institutionnels représentés ont eu à cœur de présenter les actions réussies de coopération transfrontalière au service des citoyens, comme la Conférence des universités du Rhin supérieur, mais ont aussi expliqué la complexité de projets tels que l’élaboration de réseaux de transports en commun transfrontaliers.
Pour M. Schuhmacher, de l’ambassade d’Allemagne à Paris, "la coopération transfrontalière, c’est d’abord régler des problèmes", et "s’engager pour une vision stratégique" . En effet, comme l’a souligné J. Peyrony, de la Mission opérationnelle transfrontalière, "si ces régions sont porteuses de nombreuses opportunités pour l’avenir, il s’agit de préparer dès aujourd’hui leur évolution, notamment en matière d’enseignement des langues".

"On ne voit jamais la forêt qui pousse", a finement fait remarquer, évoquant un proverbe alsacien, le député Yves Bur. Pour lui, les échanges entre populations voisines ne cessent de s’enrichir, et sont le véritable ressort de la coopération transfrontalière. "C’est au rythme des gens qu’il faut avancer" , a-t-il conclu, optimiste.


Informations utiles :
  • table ronde sur les questions transfrontalières
  • mercredi 1er février 2012 à 18h30
  • au CIDAL, 31 rue de Condé - 75006 Paris (métro Odéon, RER Luxembourg)
  • entrée libre
  • http://franceallemagne.ambafrance.org/
25 janvier
2012

"L’Europe que j’appelle de mes vœux saura réussir à créer du nouveau" (Angela Merkel dans le supplément Europa du Monde)


Cet entretien, accordé conjointement aux six quotidiens Le Monde, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, La Stampa, El Pais et Gazeta Wyborcza, a été recueilli à Berlin le 19 janvier par Stephan Kornelius, Javier Moreno Barber et Barotsz Wielinski.


La Une du supplément Europa du Monde, (D/R)
" (...) Il se pose par ailleurs une question tout à fait fondamentale : quelle ambition avons-nous pour notre Europe ? Situons-nous notre performance près d’une valeur médiane, d’un niveau moyen ? Ou bien nous orientons-nous par rapport aux régions du monde à l’économie dyna­mique qui donnent la cadence ? Le fait que nous ayons entre-temps développé une position commune quant aux questions de discipline budgétaire et de réduction de la dette est une bonne chose, mais cela ne suffit pas. Il faut à l’Europe davantage de croissance et d’emplois. Elle doit pouvoir s’affirmer également à l’avenir dans la compétition mondiale. J’aimerais que l’Europe soit également reconnue dans vingt ans pour sa capacité d’innovation et ses produits. L’enjeu est de nous imposer à l’ère de la mondialisation, et donc d’assurer notre prospérité dans la durée.

(...)

Concernant la solidarité, il y a aussi d’autres opinions. L’Italie réclame nettement plus de soutien. Qu’entendez-vous par "solidarité" ?

Que nous aidions nos partenaires européens en sous-entendant qu’ils fassent le maximum de leur côté pour améliorer leur situation. C’est ce que nous avons fait dans le cas du FESF, et c’est ce que nous faisons pour le MES. L’idée de ce mécanisme de sauvetage permanent vient d’ailleurs de l’Allemagne. Nous sommes prêts à nous montrer solidaires. Mais nous avons aussi toujours souligné que nous devions apporter une aide sur la base des traités de l’Union monétaire, lesquels établissent clairement qu’aucun pays ne peut prendre à sa charge les dettes d’un autre.

Votre solidarité a donc un aspect très rigoureux.

Si nous sommes solidaires, nous ne devons pas pour autant oublier la respon­sabilité propre. Les deux vont de pair. Il est absurde de promettre toujours plus d’argent si nous ne luttons pas contre les origines de la crise. En Espagne, par exemple, plus de 40 pour cent des jeunes sont au chômage, ce qui est également dû à la législation. Ce n’est pas un reproche, comprenez-le bien, car j’ai beaucoup d’estime pour les efforts de réforme espagnols. D’autres pays, comme l’Allemagne ou les Européens de l’Est, ont déjà procédé à de douloureuses réformes de leur marché du travail. Je plaide pour que nous, Européens, apprenions les uns des autres. (...)

La force de l’Allemagne constitue-t-elle un obstacle à la croissance des autres ?

Non. Et cela n’avantagerait personne que l’Allemagne soit affaiblie. Nous devons bien entendu corriger au fur et à mesure les déséquilibres en Europe, mais en permet­tant aux autres pays d’accroître à nouveau leur compétitivité et non en affaiblissant l’Allemagne.(...)


Les propos de M. Sikorski expriment également une inquiétude : l’Allemagne est-elle vraiment attachée à l’Europe ou ne serait-elle pas mieux seule ?

Je serai claire : toutes les forces politiques concernées en Allemagne sont pro-européennes. "Wir sind zu unserem Glück vereint" ("Notre chance, c’est d’être unis"), avons-nous dit lors du 50e anniversaire des Traités de Rome, et c’est à dessein que nous avons choisi cette formulation à double sens qui laisse entendre que nous avons la chance d’être unis et aussi que l’Europe unie assure notre bonheur.(...)

Vous réclamez la rigueur et renforcez ainsi une image qui, disons-le prudemment, n’est pas précisément utile, celle d’une Allemagne dure, prétentieuse, dominante.

Je prends ces préoccupations au sérieux, mais elles sont infondées. Il est par ailleurs intéressant de voir la rapidité avec laquelle certains stéréotypes peuvent émerger, y compris dans le débat en Allemagne, d’ailleurs. Des stéréotypes du genre "les" Allemands, "les" Polonais, "les" Français, "les" Espagnols et "les" Grecs, dont nous croyons pertinemment savoir comment ils sont. Le progrès en Europe était précisément que nous ne nous montrions plus du doigt et que nous ne parlions plus "des" Français ou "des" Alle­mands. Il y a des Allemands fainéants et des Allemands assidus au travail, il y a des Alle­mands de gauche et des Allemands conservateurs. Il y a des amis de la compétitivité et des amis de la redistribution. L’Allemagne est aussi variée que tous les autres pays d’Europe. Nous pouvons enterrer les vieux stéréotypes.

En quoi cette situation particulière vous influence-t-elle personnellement ? Un chancelier de la République fédérale d’Allemagne n’a rarement ou jamais disposé d’une telle panoplie de pouvoirs. On vous appelle Madame Europe, la chancelière de fer, Madame Bis­marck. Trouvez-vous cela inquiétant ?

J’agis en mon âme et conscience. J’ai vécu pendant 35 ans dans un pays qui, Dieu merci, n’a finalement pas pu survivre en raison de son incapacité économique et poli­tique, qui a été balayé par la soif de liberté de ses habitants. Je suis profondément convaincue que l’Europe, avec sa démocratie, ses droits de l’homme, ses idéaux de liberté et ses valeurs, a beaucoup à offrir à ses habitants et du monde.

Aujourd’hui, l’Europe représente encore sept pour cent de la population mondiale. Si nous ne nous solidarisons pas, notre voix et nos convictions pourront à peine se faire entendre. Ma motivation réside dans cette idée européenne de paix, de valeurs et de prospérité. C’est pour­quoi je ne voudrais pas que nous nous contentions de nous faufiler à travers la crise. Je ne voudrais pas que l’Europe soit un musée de tous les acquis passés ; l’Europe que j’appelle de mes vœux saura réussir à créer du nouveau. Je sais que cela signifie pour beaucoup un très, très grand changement, et c’est pourquoi nous devons nous soutenir mutuellement. Mais si nous reculons devant ces efforts, si nous sommes seulement gentils les uns avec les autres et diluons les projets de réforme, c’est assurément un mauvais service que nous rendons à l’Europe.(...)

Les Etats-Unis d’Europe font-ils partie de votre vision ?

Ma vision est l’Union politique, car l’Europe doit suivre sa propre voie. Nous devons nous rapprocher pas à pas, dans tous les domaines politiques. En effet, nous nous apercevons de plus en plus que tout sujet chez le voisin nous interpelle, et vice versa. L’Europe, c’est de la politique intérieure.

Comment cela doit-il se refléter au niveau des institutions et des structures ?

Au fil d’un long processus, nous transférerons davantage de compétences à la Commission, qui fonctionnera alors comme un gouvernement européen pour les compé­tences européennes. Cela implique un parlement fort. Le Conseil qui réunit les chefs de gou­vernement formera pour ainsi dire la deuxième chambre. Pour finir, nous avons la Cour euro­péenne de justice comme cour suprême. Cela pourrait être la configuration future de l’Union politique européenne, dans un certain temps, comme je le disais, et après de nombreuses étapes."