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Q - Nicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent de donner leur vision de l’Europe. Y a-t-il harmonie au sein du couple franco-allemand ?
R - Il y a la volonté commune de travailler et d’agir ensemble.
Depuis le Traité de l’Élysée en 1963 entre de Gaulle et Adenauer, le dialogue entre la France et l’Allemagne a été permanent. Cela ne veut pas dire que nous partagions toujours le même point de vue au départ. Mais grâce à ce dialogue, nous sommes toujours parvenus à un consensus. C’est ce qui se passe aujourd’hui sur la crise de la zone euro. Nous sommes d’accord pour une discipline budgétaire stricte, mais accompagnée d’une véritable solidarité et de politiques communes.
Q - Mais n’y a-t-il pas des divergences ?
R - Il peut y en avoir sur les euro-obligations. L’Allemagne considère aujourd’hui qu’elles n’auraient de sens que dans le cadre d’un budget commun. Ce point de vue mérite d’être respecté. Mais sur la Banque centrale européenne, nous nous sommes mis d’accord sur l’idée qu’il n’appartient à personne de lui donner des injonctions.
Q - Certains considèrent qu’Angela Merkel impose son leadership à la France. Est-ce le cas ?
R - C’est faux et c’est dangereux. Sans entrer dans ce jeu puéril du « qui perd gagne », je voudrais souligner à quel point, dans la gestion de cette crise, les idées françaises contribuent à faire avancer les choses. C’est le cas, par exemple, du gouvernement économique européen, de l’harmonisation fiscale, de la taxe sur les transactions financières.
Il y a des idées françaises, il y a des idées allemandes et, à la fin du dialogue, on trouve un consensus.
Q - Comment réagissez-vous aux propos qui dénoncent un retour de l’Allemagne de Bismarck ?
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R - Depuis le Traité de l’Élysée, la France et l’Allemagne se sont réconciliées et tous les présidents, même de gauche, ont privilégié cette relation.
Préservons cet héritage. Sinon, tout redeviendrait possible, et même le pire.
Q - Faut-il aller vers plus de fédéralisme ?
R - C’est vrai que j’ai employé ce terme qui n’a pas le même sens en Allemagne, État fédéral, et en France. Je préfère parler d’une zone euro plus intégrée, avec une harmonisation des politiques fiscales et budgétaires. À Toulon, le président a évoqué la possibilité de décider à la majorité qualifiée, et non plus à l’unanimité. C’est un pas en avant très important pour permettre à l’Europe de réagir plus vite.
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