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25 janvier
2012

"L’Europe que j’appelle de mes vœux saura réussir à créer du nouveau" (Angela Merkel dans le supplément Europa du Monde)

Cet entretien, accordé conjointement aux six quotidiens Le Monde, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, La Stampa, El Pais et Gazeta Wyborcza, a été recueilli à Berlin le 19 janvier par Stephan Kornelius, Javier Moreno Barber et Barotsz Wielinski.


La Une du supplément Europa du Monde, (D/R)
" (...) Il se pose par ailleurs une question tout à fait fondamentale : quelle ambition avons-nous pour notre Europe ? Situons-nous notre performance près d’une valeur médiane, d’un niveau moyen ? Ou bien nous orientons-nous par rapport aux régions du monde à l’économie dyna­mique qui donnent la cadence ? Le fait que nous ayons entre-temps développé une position commune quant aux questions de discipline budgétaire et de réduction de la dette est une bonne chose, mais cela ne suffit pas. Il faut à l’Europe davantage de croissance et d’emplois. Elle doit pouvoir s’affirmer également à l’avenir dans la compétition mondiale. J’aimerais que l’Europe soit également reconnue dans vingt ans pour sa capacité d’innovation et ses produits. L’enjeu est de nous imposer à l’ère de la mondialisation, et donc d’assurer notre prospérité dans la durée.

(...)

Concernant la solidarité, il y a aussi d’autres opinions. L’Italie réclame nettement plus de soutien. Qu’entendez-vous par "solidarité" ?

Que nous aidions nos partenaires européens en sous-entendant qu’ils fassent le maximum de leur côté pour améliorer leur situation. C’est ce que nous avons fait dans le cas du FESF, et c’est ce que nous faisons pour le MES. L’idée de ce mécanisme de sauvetage permanent vient d’ailleurs de l’Allemagne. Nous sommes prêts à nous montrer solidaires. Mais nous avons aussi toujours souligné que nous devions apporter une aide sur la base des traités de l’Union monétaire, lesquels établissent clairement qu’aucun pays ne peut prendre à sa charge les dettes d’un autre.

Votre solidarité a donc un aspect très rigoureux.

Si nous sommes solidaires, nous ne devons pas pour autant oublier la respon­sabilité propre. Les deux vont de pair. Il est absurde de promettre toujours plus d’argent si nous ne luttons pas contre les origines de la crise. En Espagne, par exemple, plus de 40 pour cent des jeunes sont au chômage, ce qui est également dû à la législation. Ce n’est pas un reproche, comprenez-le bien, car j’ai beaucoup d’estime pour les efforts de réforme espagnols. D’autres pays, comme l’Allemagne ou les Européens de l’Est, ont déjà procédé à de douloureuses réformes de leur marché du travail. Je plaide pour que nous, Européens, apprenions les uns des autres. (...)

La force de l’Allemagne constitue-t-elle un obstacle à la croissance des autres ?

Non. Et cela n’avantagerait personne que l’Allemagne soit affaiblie. Nous devons bien entendu corriger au fur et à mesure les déséquilibres en Europe, mais en permet­tant aux autres pays d’accroître à nouveau leur compétitivité et non en affaiblissant l’Allemagne.(...)


Les propos de M. Sikorski expriment également une inquiétude : l’Allemagne est-elle vraiment attachée à l’Europe ou ne serait-elle pas mieux seule ?

Je serai claire : toutes les forces politiques concernées en Allemagne sont pro-européennes. "Wir sind zu unserem Glück vereint" ("Notre chance, c’est d’être unis"), avons-nous dit lors du 50e anniversaire des Traités de Rome, et c’est à dessein que nous avons choisi cette formulation à double sens qui laisse entendre que nous avons la chance d’être unis et aussi que l’Europe unie assure notre bonheur.(...)

Vous réclamez la rigueur et renforcez ainsi une image qui, disons-le prudemment, n’est pas précisément utile, celle d’une Allemagne dure, prétentieuse, dominante.

Je prends ces préoccupations au sérieux, mais elles sont infondées. Il est par ailleurs intéressant de voir la rapidité avec laquelle certains stéréotypes peuvent émerger, y compris dans le débat en Allemagne, d’ailleurs. Des stéréotypes du genre "les" Allemands, "les" Polonais, "les" Français, "les" Espagnols et "les" Grecs, dont nous croyons pertinemment savoir comment ils sont. Le progrès en Europe était précisément que nous ne nous montrions plus du doigt et que nous ne parlions plus "des" Français ou "des" Alle­mands. Il y a des Allemands fainéants et des Allemands assidus au travail, il y a des Alle­mands de gauche et des Allemands conservateurs. Il y a des amis de la compétitivité et des amis de la redistribution. L’Allemagne est aussi variée que tous les autres pays d’Europe. Nous pouvons enterrer les vieux stéréotypes.

En quoi cette situation particulière vous influence-t-elle personnellement ? Un chancelier de la République fédérale d’Allemagne n’a rarement ou jamais disposé d’une telle panoplie de pouvoirs. On vous appelle Madame Europe, la chancelière de fer, Madame Bis­marck. Trouvez-vous cela inquiétant ?

J’agis en mon âme et conscience. J’ai vécu pendant 35 ans dans un pays qui, Dieu merci, n’a finalement pas pu survivre en raison de son incapacité économique et poli­tique, qui a été balayé par la soif de liberté de ses habitants. Je suis profondément convaincue que l’Europe, avec sa démocratie, ses droits de l’homme, ses idéaux de liberté et ses valeurs, a beaucoup à offrir à ses habitants et du monde.

Aujourd’hui, l’Europe représente encore sept pour cent de la population mondiale. Si nous ne nous solidarisons pas, notre voix et nos convictions pourront à peine se faire entendre. Ma motivation réside dans cette idée européenne de paix, de valeurs et de prospérité. C’est pour­quoi je ne voudrais pas que nous nous contentions de nous faufiler à travers la crise. Je ne voudrais pas que l’Europe soit un musée de tous les acquis passés ; l’Europe que j’appelle de mes vœux saura réussir à créer du nouveau. Je sais que cela signifie pour beaucoup un très, très grand changement, et c’est pourquoi nous devons nous soutenir mutuellement. Mais si nous reculons devant ces efforts, si nous sommes seulement gentils les uns avec les autres et diluons les projets de réforme, c’est assurément un mauvais service que nous rendons à l’Europe.(...)

Les Etats-Unis d’Europe font-ils partie de votre vision ?

Ma vision est l’Union politique, car l’Europe doit suivre sa propre voie. Nous devons nous rapprocher pas à pas, dans tous les domaines politiques. En effet, nous nous apercevons de plus en plus que tout sujet chez le voisin nous interpelle, et vice versa. L’Europe, c’est de la politique intérieure.

Comment cela doit-il se refléter au niveau des institutions et des structures ?

Au fil d’un long processus, nous transférerons davantage de compétences à la Commission, qui fonctionnera alors comme un gouvernement européen pour les compé­tences européennes. Cela implique un parlement fort. Le Conseil qui réunit les chefs de gou­vernement formera pour ainsi dire la deuxième chambre. Pour finir, nous avons la Cour euro­péenne de justice comme cour suprême. Cela pourrait être la configuration future de l’Union politique européenne, dans un certain temps, comme je le disais, et après de nombreuses étapes."

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9 mai
2012

Merkel, Hollande et le traité européen : les clés pour comprendre (Le Monde)


"Merkozy, c’est fini. La chancelière allemande, Angela Merkel, ne pourra plus compter sur le soutien de Nicolas Sarkozy en France. La droite allemande, au pouvoir, va devoir composer avec un socialiste à l’Elysée. Sur l’Europe, Berlin prône la rigueur et l’austérité, quand Paris plaide désormais pour la croissance et la relance ; François Hollande veut renégocier le traité européen récemment adopté, la présidente de l’Union chrétienne-démocrate allemande oppose un refus de principe. Alors, quelle sera l’issue ? Quels sont les points de désaccords ? Quels sont les marges de manœuvre ? (...)

- Un traité pro-rigueur pas encore ratifié
- Paris, Dublin, Berlin, Athènes... les complications commencent
- Hollande veut ajouter une dose de croissance au traité
- Un "nein" non négociable ?
- Vers un déblocage après les législatives."
27 avril
2012

Renouveler la relation franco-allemande (Libération)

Par Pierre-Yves LE BORGN’, Stefan COLLIGNON et Gabriel RICHARD-MOLARD


" S’il y a bien une chose que l’amitié ne devrait pas gâter, c’est la franchise. Deux amis, ayant traversé des épreuves communes, doivent tout pouvoir se dire.

Le couple franco-allemand, qui ne porte d’ailleurs pas cette dénomination outre-Rhin (les Allemand lui préférant la « relation » franco-allemande, moins charnelle et plus neutre) est un cas typique de ces longues amitiés, où l’un des deux a réussi à prendre l’aval sur l’autre, le dernier acceptant finalement cet état de fait. La relation franco-allemande file allègrement cette métaphore de l’amitié par intérêt mais aussi par confiance. La France et l’Allemagne ont participé à un échange de bons procédés pendant près de 60 ans, mais la crise est venue bousculer cette histoire que bien des commentateurs français, sans doute par conservatisme, ne peuvent ou ne veulent réviser(...)"
15 avril
2012

Un film d’animation 100% franco-allemand (Le Républicain Lorrain)


" À l’initiative des jeunes conseillers municipaux de Sarreguemines, une vingtaine d’enfants français et allemands, âgés de 9 à 12 ans, ont créé de toutes pièces un court-métrage d’animation sur le thème de l’environnement.

(...)

Ce film, d’une durée de cinq minutes, sera ensuite diffusé dans les collèges et lycées de l’académie, dans les mois à venir.

Mieux, il devrait participer au concours vidéo Créajeune, un mini-festival vidéo ouvert aux cinéastes amateurs de la Grande Région.

Débuté en février, le projet a la particularité de faire collaborer les enfants français et des élèves de l’école élémentaire Max-Ophüls de Sarrebruck. « Nous voulions leur montrer qu’il est possible de travailler ensemble sans forcément parler la même langue » , raconte Jean-Pierre. De par son aspect transfrontalier, le projet a déjà reçu le soutien du FilmBüro de Sarrebruck, et de l’association Ap’Art de Nancy.
(...)"
13 avril
2012

Le modèle allemand est perfectible, mais il est encore trop méconnu ! (Le Monde)


" Il a beaucoup été question, ces derniers temps, du "modèle allemand". Je tiens à être clair : l’Allemagne ne se considère pas comme le pays idéal que tous les autres devraient prendre en exemple. Elle aussi ses problèmes : un niveau d’endettement élevé et un faible taux de natalité, notamment. Le système économique et social allemand fait l’objet d’analyses souvent très justes mais j’entends également de nombreuses demi-vérités. C’est pourquoi j’aimerais rétablir quelques faits.

Concernant le chômage. Début 2004, l’Allemagne était la "championne du monde des délocalisations d’emplois" et comptait 5 millions de chômeurs, contre 3 millions aujourd’hui. Qu’est-ce qui explique cette évolution ? Face aux effrayants chiffres du chômage de l’époque, le gouvernement fédéral, en coopération avec les syndicats, a adopté une politique visant à relancer l’emploi. Si préserver un emploi suppose d’assouplir les modèles de temps de travail et de recourir au temps partiel ou au chômage partiel, cela vaut généralement mieux pour les salariés comme pour les entreprises que des licenciements.

Pendant la crise économique de 2008, le chômage partiel a par exemple été simplifié en accord avec les syndicats afin de permettre aux salariés de garder leur emploi et aux entreprises de conserver le savoir-faire de leurs salariés. Aujourd’hui, la situation est différente : de nombreux postes sont vacants et l’Allemagne cherche de la main-d’œuvre qualifiée. Le fait qu’il reste malgré tout 3 millions de chômeurs montre que la qualification des chômeurs constitue un enjeu majeur. (...)"
13 avril
2012

Un aprenti alsacien distingué en Allemagne

Une information à relever dans la dernière newsletter de la Région métropolitaine du Rhin Supérieur :


" Le meilleur apprenti en mécanique automobile d’Allemagne est Alsacien ! Sacha Zimmermann a récemment été reçu au plus haut niveau des Chambres de commerce et d’industrie d’Allemagne, à Berlin, en présence du ministre de l’Economie, pour recevoir sa distinction.

Parmi les 300 000 apprentis d’Allemagne, et les 200 sélectionnés, c’est ce jeune, originaire de Wissembourg qui a été retenu, pour la plus grande satisfaction de Yaris Pürsün, Directeur de Mercedes à Wörth. (...)"
3 avril
2012

"La logique du franco-allemand s’imposera quoi qu’il arrive" (L’Express)


"Angela Merkel redoute-t-elle l’élection éventuelle de François Hollande ? "Moins qu’on le dit, répond un diplomate. Au Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement ont toujours préféré la stabilité et le maintien des impétrants ; le souhait unanime de voir Berlusconi quitter le pouvoir a été une exception à la règle. Entre Paris et Berlin, la logique du "franco-allemand" s’imposera quoi qu’il arrive." "
30 mars
2012

De l’utilité d’apprendre l’allemand (20 minutes)


" Dans la famille Deck, on parle l’allemand de père en fils. À la maison, à table, devant la télévision... rien de surprenant alors que Jérôme, 20 ans, ait suivi une scolarité entière en classe bilingue. « Mes parents m’ont inscrit dès la maternelle. C’est moi qui ai ensuite décidé au collège et au lycée de poursuivre l’apprentissage de la langue allemande. Je me disais que ça pourrait m’être utile », dit-il. Bien lui en a pris. Chef de rang aujourd’hui au restaurant “L’Alsace à table” à Strasbourg, il est à l’aise avec une clientèle nombreuse, venue d’Outre-Rhin. « On me sollicite souvent pour m’occuper des clients germanophones. L’allemand m’est bénéfique, c’est certain que cette langue ouvre des perspectives d’emploi. C’est un vrai plus pour travailler », reconnaît-il. (...)

Alors qu’une manifestation se tient samedi, place Kléber, pour la défense de la langue et de la culture régionales, la filière bilingue tend à se développer en Alsace. Selon les chiffres fournis par le rectorat, ils sont 24 627 élèves, de la maternelle au lycée, à suivre cette année un cursus bilingue. Ils étaient trois fois moins au début des années 2000 (7 119). (...)"
26 mars
2012

Bretagne : elle créé un site pour dynamiser les relations franco-allemandes (Ouest-France)


"Il y a quelques mois, en septembre 2011, Lisa Herlédan, membre du comité de jumelage Chartres-de-Bretagne - Hassmersheim (Allemagne) décide de créer un site internet recensant les différentes façons d’apprendre et vivre l’allemand en Ille-et-Vilaine. « Il est dommage qu’il n’y ait pas de liens plus forts entre les associations. Avoir la possibilité de récolter plus d’information sur internet est très difficile car les données ne sont pas regroupées. Avec un site, tout deviendrait plus simple », explique cette jeune étudiante.

(...)

En parallèle, elle travaille à redynamiser une association régionale de partenariat entre les différentes associations franco-allemandes de Bretagne. « En contactant les associations, j’ai trouvé trois personnes, Ulrike Huet, Jürgen Buser et Marion Delaunay qui souhaitaient relancer la Fédération des associations franco-allemandes (Fafa Bretagne) », argumente Lisa Herlédan.
(...) Son but est de faire en sorte que les associations travaillent ensemble et se regroupent pour partager les frais d’un voyage par exemple. Il s’agit également de développer des actions communes en Bretagne et plus particulièrement autour du cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée en janvier 2013."

Site internet : www.feedelallemand.fr.
16 mars
2012

Le couple franco-allemand souriant dans le vieil Antibes (Nice-Matin)


" Évidemment, en ces temps de présidentielle, il est de bon ton pour un proche de Nicolas Sarkozy d’afficher son entente avec le partenaire allemand. Cependant, hier après-midi, dans le cadre de la rencontre du triangle de Weimar, le ministre chargé des Affaires européennes Jean Leonetti n’a pas eu l’air de se forcer pour apparaître en bons termes avec son homologue allemand, Michael Link. À peine les deux hommes se sont-ils retrouvés place Nationale, à 16 heures, que leur complicité est apparue évidente. Entre eux, des rires, des plaisanteries, et des tutoiements en veux-tu en voilà… À croire que les deux ministres se connaissaient, d’ailleurs, depuis toujours. « On ne s’est rencontré que récemment, lors de la nomination de Michael Link à la fin du mois de janvier, a infirmé Jean Leonetti. Mais, c’est allé tout de suite très bien. » Et le ministre allemand de confirmer, dans un français parfait ; lui qui a longtemps exercé le métier de traducteur : « Il y a parfois des alchimies entre deux personnes. Avec Jean, c’est le cas. »(...)"
15 mars
2012

Baroin : "L’Allemagne et nous" (L’Express)

Invité du Club L’Expansion-L’Express, le 6 mars, le ministre de l’Économie et des Finances a livré son analyse des relations franco-allemandes à travers la crise.

" Sommes-nous passés, avec la crise, dans une Europe "germanocentrée" ?

Si la question est : "Est-ce que l’Allemagne a, par nature, un rôle de leader en Europe ?" la réponse est : "Oui, tout comme la France."

Si la question est : "Est-ce que la crise a amplifié les qualités de l’Allemagne ?" oui encore : elle est le meilleur élève, avec un taux de chômage faible et 1 million d’offres d’emplois non satisfaites - ce qui sera un problème pour elle, à terme ; avec, aussi, les meilleurs résultats en matière de déficits et un consensus politique d’affectation prioritaire des fruits de la croissance au désendettement.

Mais c’est la France qui a été en pointe pour la réforme de la gouvernance et pour tirer les leçons de la crise, avec le traité de discipline budgétaire. Le mécanisme européen de stabilité a été accéléré et, si nous avons encore un débat sur la hauteur du pare-feu nécessaire pour dissuader les spéculateurs, je pense que nous convaincrons les Allemands de le relever(...)".