France - Allemagne, Groupe A, Mönchengladbach, 5 juillet. L’une des affiches attendues du premier tour. Oui mais voilà, les résultats des deux premiers matches en ont décidé autrement.
Les Bleues et la Mannschaft sont déjà qualifiées pour les quarts de finale. La rencontre est-elle pour autant sans enjeu ? Pas vraiment...
Pour l’instant, Françaises et Allemandes ont réalisé un sans faute.
Petit avantage pour les filles de l’Hexagone cependant, leur large victoire sur le Canada (4:0) leur offre une différence de buts supérieure. Dès lors, un nul contre les hôtes leur garantirait la première place. Pour la France, l’objectif de cette rencontre sera avant tout de continuer sur la bonne dynamique. Terminer en tête de ce Groupe A permettrait évidemment d’optimiser son capital confiance, et surtout d’éviter l’adversaire théoriquement le plus coriace du Groupe B.
Mais ce France-Allemagne est dans les têtes depuis un long moment. L’équipe de France est composée pour quasi moitié de joueuses de l’Olympique Lyonnais. Or Les Lyonnaises viennent de remporter la Ligue des champions de l’UEFA face à Postdam, l’un des grands clubs allemands pourvoyeurs de l’équipe nationale. Le FCC Turbine Potsdam avait privé les Rhodaniennes d’un premier titre européen l’année précédente. La rivalité est donc bien réelle.
La culture du "c’est possible"
Mais Bruno Bini relativise l’effet Ligue des champions. "
Il n’y a que trois joueuses de Potsdam en sélection, ce n’était pas non plus un France-Allemagne...", tempère-t-il avant d’ajouter : "
Une certaine culture du ’c’est possible’ a émergé après ce match. J’en ai beaucoup parlé avec mes joueuses, je crois qu’une barrière psychologique a explosé."
Avant cela,
le bilan international entre ces deux pays avait de quoi inhiber les plus irréductibles des Gauloises. Sur neuf confrontations, les Françaises n’en ont gagnées que deux, en amical, 1:0. Le reste est entièrement à la gloire des Allemandes, dont quelques scores fleuves. Comme au premier tour de l’UEFA EURO Féminin 2009, un cinglant 5:1.
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Un Classique
Les Tricolores semblent n’avoir pas grand chose à perdre. Qualifiées pour les quarts de finale, elles ne subissent pas la pression populaire comme les Allemandes, tenantes du titre et à domicile. "Relax" paraît être le mot en vogue pour les coéquipières de Thiney : "
Ce qu’on veut surtout, c’est prendre du plaisir à chaque match et avoir des émotions. C’est rare de jouer dans des stades pleins. Ca fait vraiment partie du bonheur de ces compétitions. On essaye de vivre le mieux possible avec un environnement magnifique", explique la native de Troyes, le sourire aux lèvres.
Pourtant, pour d’autres, cette affiche n’est pas exactement anodine.
Les France-Allemagne du football ont nourri les mémoires collectives. Thiney n’était pas née, mais sa coéquipière de Juvisy Sandrine Soubeyrand, se souvient : "Je me revois encore devant ma télé, en 1982, en train de regarder la demi-finale de la Coupe du Monde, la France contre l’Allemagne avec Patrick Batiston sur la civière… L’issue est dramatique mais j’aime les émotions fortes. C’est aussi pour ça qu’on fait du sport, pour vivre ces émotions et les faire partager."
Si le match du 5 juillet pouvait donner aux spectateurs ne serait-ce que la moitié des émotions vécues à Séville ce 8 juillet 1982, nul doute que chacun s’en contenterait...
Regardez les réactions du sélectionneur avant le match :